31 mars 2006
Envie cultivée
J’aime cultiver l’attente
Au creux de ton regard,
Impression envoûtante
D’avoir tous les pouvoirs.
Le jeu un peu cruel
D’une enfant trop gâtée
Qui cherche la querelle
Juste pour chahuter.
J’aime attiser l’envie,
Jouer avec le feu,
Pour oublier les nuits
Où l’on meurt peu à peu.
J’irai chercher la perle,
Lentement façonnée,
Pour rendre à l’éternel
Un peu d’humanité.
30 mars 2006
Philosophie
On dit que la philosophie se perd, on s’en désole, mais n’est-il pas normal, dans une société où il est déconseillé de réfléchir, que la philosophie fasse peur ?
On a enseigné à plusieurs générations que la réflexion et la pensée appartenaient à quelques têtes de l’antiquité, que les rares personnes à avoir percé leurs secrets au fil des siècles pouvait être canonisées au nom de l’esprit limpide.
Comment peut-on, au lycée, avoir la force de lutter contre les noms qui ont traversé les temps pour venir se poser au sein des dictionnaires et des traités ?
Peut-être que la première chose à revoir, pour que le « peuple» soit charmé par la philosophie, est la définition actuelle de la philosophie. Au lieu de la présenter comme une pensée exacte, venue du fond des siècles, ne serait-il pas plus encourageant de revenir au principe de base : une discussion sur ce qui nous entoure, une réflexion, un échange, où chacun à sa place et où tous les protagonistes sont égaux.
Aujourd’hui, les amis de la sagesse sont devenus une caste de sage, étanches aux pensées extérieures.
La philosophie n’attire plus, elle s’est enfermée dans un carcan avec le quel elle se bat. Elle se veut populaire, mais se replie dès qu’un quidam à le culot de vouloir passer la porte du sanctuaire. La pensée est devenue la chasse gardée de quelques cultureux prétentieux renforçant une société où les brebis sont mieux venues que les libres penseurs.
29 mars 2006
Deux princesses
Deux petites princesses
Me prennent tout mon temps,
Débordantes de tendresse
Elles font fuir mes amants.
Deux anges au regard doux
Et volonté de fer,
Aiment que tout se jouent
Au milieu de leurs terres.
Deux lutins malicieux
Ont assiégés ma vie,
C’est leur terrain de jeux
Et parfois je l’oublie.
Solène et Odessa
Un concentré d’amour,
Plus fortes que des soldats
Vous éclairez le jour.
28 mars 2006
Soir
Si le ciel se teinte
De rouge, les grand prédateurs
Basculent dans l'étreinte
27 mars 2006
L'art de la chasse
La chasse sportive en milieu urbain est un art, qui se pratique avec passion. Elle ne nécessite pas de compétences particulières, juste un bon sens de l’observation et un peu de présence d’esprit.
Le gibier nombreux, surtout autour des points d’eau, ne demande pas beaucoup de pistage dans un premier temps. Cela sera différent lorsque la proie sera ciblée à l’avance parmi l’ensemble de la population urbaine. Peu craintif et souvent dépourvue de vigilance, l’approche n’est pas l’exercice le plus difficile. Le gibier se laissera appâter par quelques sourires, deux ou trois mots d’esprit, une pointe d’insolence et un regard charmeur.
Commence alors une danse, très proche de la corrida, celle de la séduction. Et ce pour faire baisser au gibier ces dernières gardes. Cette opération est délicate, elle demande que l’on complimente la proie, pour la mettre en valeur, mais sans oublier quelques pointes de vérité vache pour lui faire croire qu’elle est le chasseur. Il faut également bien équilibrer le rire, pour lui donner envie de rester, et la fragilité pour qu’elle se sente puissant et ne se défende pas. Ajouter une pointe de caractère, un zeste de mélo et votre gibier se trouvant à son avantage sera totalement sans défense. L’important est le dosage de chaque élément, car tout est là, et c’est cela , en fin de compte que les proies appellent le charme.
Une fois cette danse bien établie, lorsque la proie semble en phase, il ne reste plus qu’a opérer la mise à mort. Là encore, peu importe l’arme, un simple sourire suffit parfois, mais il est des éléments qui permettes de rendre cette phase plus ludique. Une cravate, petite laisse esthétique et pratique, ou une bonne prise de judo au dessus d’un sofa. Ce ne sont que des exemples, l’originalité du geste sera très important pour la conservation de cette proie urbaine.
26 mars 2006
Le Projet Babel
Le Projet Babel, c’est l’idée qu’avec la « grande toile », chacun posant sa pierre, on pourrait éviter de froisser les susceptibilités, on pourrait se comprendre et s’enrichir les uns les autres. Sur Babel, il n’est question que de mots, à travers de nombreuses cultures. Vous trouvez aussi bien comment dire « je suis saoul » dans presque toutes les langues, que l’étymologie des mots chocolat ou économique. A cela il faut ajouter des rubriques sur la culture, les fêtes et les traditions un peu partout dans le monde.
Le Forum des Babeliens, c’est l’échange, la discussion et une certitude : « l’autre à toujours quelque chose a vous apporter »
Forum des Babeliens : http://babel.lexilogos.com/forum/index.php
25 mars 2006
Nos mondes
Chacun dans notre monde
Entourés de nos mots
Nos esprits se confondent
Avec nos égaux.
Opération de charme
Pour attirer les yeux
Dans l’immense vacarme
D’un inter-laborieux.
Ce pourrait être l’arme
Pour ouvrir les esprits
Et abolire le drame
Qui détruira la vie.
Mais souvent chacun camp
Sur son kilo-octet,
Espace de détente,
Dictature intégré.
19 août 11:13 Sujet :
De blog en blog. je suis arrivée ici... et encore une fois c'est un immense bonheur... écrire des textes à la commande très bel exercice..une petite commande "Un sur l'ego.. cette recherche incessante de reconnaissance ...cette quête aux plus grands nombres de commentaires sur un billet.. ne pas accepter une vue différente... "merci et bravo
Publié par été33 (http://spaces.msn.com/members/MLP33/)
24 mars 2006
Grandir
Elle regarde le monde
Avec émerveillement,
Quant son esprit le sonde
Elle arrête le temps.
Elle voudrait tout comprendre,
Tout savoir tout aimer,
Et ne jamais se rendre
Avant la vérité.
Elle a toute la puissance
De ses rêves d’enfant,
Et assez d’innocence
Pour créer des printemps.
La regarder grandir
Me fait parfois si peur
Que je voudrais m’enfuire
Avant que vienne l’heure.
23 mars 2006
Le corps entrave à la liberté ?
Si l'on admet que le corps peut freiner l'esprit et que l'esprit peut, parfois, freiner le corps, le problème du corps, frein de la liberté, devient plus complexe. Est-ce la liberté qui freine le corps ou le corps qui freine la liberté ? La liberté d'esprit, s'accommode aisément d'un fauteuil roulant, tout comme la liberté de mouvement peut se passer d'esprit. Il est souvent étrange de voir comme la société crèe l'unicité, la liberté, grand mot, fourre-tout, qui à force de tout dire ne dit plus rien. Il n'est pas une liberté, mais des libertés, propres à chaque homme. De façon purement théorique, pourtant, toute contrainte est un obstacle à la liberté. Le corps devient donc un obstacle, car il a ses faiblesses, ses limites. Il est obstacle, tout comme le sont les lois, les sentiments, les autres êtres, de façon générale. De ce point de vue, tout ce qui existe, est un obstacle à la liberté, du besoin de se nourrir à la gravité terrestre. Si l'on restreint la recherche à la liberté d'esprit, le corps devient un élément secondaire. Il est cependant sûrement plus aisé de se faire une opinion des choses, de vivre par soi-même lorsque l'on est maître de son corps. Mais pourtant, si l'on sait que les aveugles "voient" les choses à leur manière, ne se peut-il pas que les êtres privés de corps se crèent leur liberté ? N'est-il pas envisageable, que l'absence de liberté crèe le moyen de libération, et donc la liberté en tant que force et que sentiment. Si le besoin vient de la frustration, il est probable que léhomme, en cas de toute-puissance, de nulle contrainte, ne saurait même pas ce qu'est la liberté. Le corps tout comme les règles, les lois, sont des instruments de liberté, car la seule pensée de vouloir leurs échapper, est déjà un mouvement de liberté.
22 mars 2006
Pièce de vie
Le rideau s’est levé
Sur la scène encore vide,
Le mage a appelé
Les moutons trop rapides.
Le ciel s’est obscurci
La lumière est tombée,
Les jours ont démoli
Les sourires du passé.
Les acteurs sont entrés
Ils ont ouvert les portes
Des rêves qu’on a laissés
Au fond des passions mortes.
La pièce est terminée,
Notre vie est finie,
Le rideau est tombé
Laissant place à l’envie.
