Mots à maux

Entre la réalité et les mots, il existe une faille, qui naît dans la passion et la nuit me travaille.

05 août 2006

Argent au pouvoir

Une chose est sûre, aujourd’hui, l’état a choisi son camp, à l’instar des USA, se sera la loi du plus fort, du plus riche, et non la liberté du peuple.
Il est donc devenu interdit et passible de prison de télécharger, soit disant pour préserver les droits d’auteur. Mais si l’on regarde bien, les disques vierges que l’on achète, on se rend compte que là aussi l’on paie des droits d’auteur, pourquoi si ce n’est pour combler les pertes faites lorsque l’on grave un cd, qui est protégé et le sera de plus en plus étant donné le texte de loi qui à été adopté. Pour ma part, en tant qu’auteur et que graphiste, j’utilise en moyenne une quinzaine de cd-rom par mois, pour mes propres données, mes créations. La SACEM compte elle me rendre un jour ces droits d’auteur que je paie pour mes propres œuvres ? Je ne vois pas ce qui dans notre constitution motive cette taxe, mis à part la loi du profit.
Je pense donc avoir un droit de téléchargement égale aux droits d’auteurs qui devraient me revenir, et il en est de même pour tous ceux, nombreux, qui ne peuvent échappé à la sauve-garde sur Cd ou Dvd.
De plus, si je télécharge et que je grave ce que j’ai téléchargé, je m’acquitte alors de mes droits d’auteur, je ne suis donc plus hors la loi. Si la raison de ces interdictions est bien la survie des artistes, je m’engage à graver tout ce que je télécharge sur des Cd ou des Dvd achetés en France. J’offre même à l’état les droits que je paie pour mes propres œuvres, je ne suis pas à cheval sur l’argent, juste sur les principes.

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04 mai 2006

Ecriture imposée

Quel intérêt de s’imposer d’écrire ? C’est ce que j’ai choisi, en mettant en place le planning éditorial, mais pourquoi l’avoir fait, alors qu’il y a tellement de choses qui me sont imposés ?
La raison est simple, pour ne pas me laisser manger par ce que m’impose les autres, pour garder le temps pour ce qui me permet de mieux vivre, de libérer mes envies et mes émotions.
Pourquoi je vous écris cela ? Par ce que ce soir, je n’ai pas vraiment envie d’écrire, mais qu’en fin de compte j’ai besoin de le dire, de le crier pour pouvoir recommencer à poser mes pensées sur le papier. Combien d’écrivains ont noircis des dizaines de pages pour combler la page blanche ? Sûrement la majorité des amoureux des mots, ont une fois écrit pour dire qu’ils ne voulaient pas ou ne pouvaient pas écrire.
Drôle de métier de passion.

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27 avril 2006

Parlez-vous marketing ?

« Nous allons scorer notre advence message. » J’ai cru mal entendre, il ne me semblait pas que notre prestataire était anglophone. Devant ma mine interrogative, mon interlocuteur ajoute : « Vous savez qu’il le faut, avant de passer à la phase suivant de notre teasing above the line. » Mais bien sûre, aurais-je le droit à un rapport en chiffres romains ?
Pourquoi les marketeux ne savent-ils pas parler français ? cela vient peut-être du nom de leur métier qui est déjà un anglicisme, mais ne me dites pas qu’il y a un autre intérêt que de faire bien, à parler une langue que personne ne comprend, car en fin de compte, les anglais ne comprennent pas non plus cet espèce de jargon mêlé. Chauvin de ne pas vouloir utiliser de mots anglais ? Ce le serait s’il n’existait pas d’équivalent en français, mais quant on parle de « marketing one to one » peut-on me dire ce que cela apporte en plus, quant on sait que c’est du « marketing personnalisé » ? à part l’amour des hommes du marketing pour le délit d’initié, j’avoue que je donne ma langue au chat. Il me semblait que le marketing était l’art de communiquer, après réflexion, il me semble que c’est plutôt celui de se faire valoir en employant un langage codé en de longues phrases indigestes.
Jamais un métier n’aura autant cultivé l’idée "qu’être incompréhensible est le meilleur moyen de communiquer".


Si vous ne supportez pas que l'on vous parle javanais (ou marketing) un petit dictionaire français-marketing : http://www.definitions-marketing.com/.

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06 avril 2006

Trahison

La trahison de ceux qui vous ont portés est elle pardonnable ?
Que reste-il lorsque l’on sent que l’on est abandonné par la foule, par le public ?
Est-ce que celui qui a côtoyé les rêves, porté par les hommes, peut rester en vie, quant il ne tient plus rien, quant il n’a plus d’influence sur son public, Quant il ne peut plus le canaliser ?
Ceux qui ont approché les anges, qu’ils soient noir ou blanc, en gardent une fragilité, un éclat de silence. Plus longue est l’ascension, plus dure est la chute. Il n’est pas question de drogue, mais d’esprit. Est-ce la drogue qui crée l’abandon et la grâce ou est ce  le vide, créé par le public qui s’éloigne, après l’engouement, que certains, plus fragiles, plus sensibles, comblent par la drogue.
Certes, ce n’est pas une responsabilité à imputer à la foule, on n’accuse pas les fans de la mort de leur idole. Mais le gouffre qu’ils laissent, lorsqu’ils se retirent est il imaginable ? Comment passe-t-on de la lumière à cette pénombre silencieuse ? Comment peut-on accepter que l’éclat soit chaque fois plus faible ?
Il est compréhensible, alors, que certains abandonnent, sur scène, un jour où l’éclat n’est plus au rendez-vous.
Entre la lumière blafarde et le noir absolue, certains préfèrent les ténèbres.

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09 mars 2006

Journées en tous genres

Notre société à l’art de se donner bonne conscience en créant des journées de commémoration. On y croise pêle-mêle le racisme, le souvenir, l’amour, la solidarité, l’eau, la femme, le travail, les grands-mères...
Calendrier des jours pour aimer.
Calendrier des jours pour se souvenir.
Calendrier des jours pour penser.
Calendrier des jours pour manifester.
Est-ce que parler d’un sujet et en débattre le temps d’une journée peut faire avancer une situation ?
Faut-il attendre que l’on nous en donne l’ordre pour réfléchir, vivre et aimer ?
Ces journées, faites pour désamorcer des bombes à retardement, m’exaspèrent. Ce n’est que le reflet de l’hypocrisie et de l’égoïsme de notre monde et de ses dirigeants. Est-ce à l’état de choisir le jour où l’on se rebelle ?
Notre civilisation a trouvé là une très bonne parade aux révoltes et aux révolutions. Voyez comme vous rentrez bien dans son jeu, Attendant le jour où l’on vous y autorise pour monter au créneau.
Il est impossible de faire évoluer une situation en prenant les sujets de société tour à tour, une fois l’an.
L’humanité est en déséquilibre, et c’est le fond qui est à étudier. Traiter les problèmes sans les rapprocher les uns des autres, sans les intégrer dans la société, revient à soigner les symptômes d’une maladie sans en chercher les causes. Peut être que cela calme quelques heurs, mais rien n’est résolût avec cette méthode de traitement.
La situation générale se détériore doucement et ces journées de réflexion et de souvenir sont la morphine de notre état, elles permettent à l’individu de sombrer dans une société inhumaine sans en prendre conscience.

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23 février 2006

Poésie

Ce n’est pas le poète qui choisit la poésie, c’est la poésie qui forge l’esprit.
Par là, j’entend que l’on ne décide pas d’écrire, en vers ou en prose, de manière poétique. Le mot est le sang du poète, qu’il le veuille ou non. Il est incapable de vivre sans lui.
Ceux qui décide l’écriture ne deviennent pas des poètes, car la poésie naît du cœur et non de la raison. Elle est plus le résultat d’une transpiration de l’âme, que d’une réflexion profonde.
Quant je parle de cracher de la poésie, ce n’est pas négatif, cela tient simplement au fait que les mots accumulés dans un coin de l’esprit naissent car ils gênent, comme le feraient de glaires, au fond de la gorge.
La poésie n’a pas de forme prédéfinie, elle est en symbiose avec celui qui la porte, c’est un état d’esprit. On ne se revendique pas poète, parfois, d’autres âmes trouvent de la poésie dans vos maux.

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20 février 2006

Ecriture

L’ écriture possède son énergie propre, les mots, sensibles, ne demandent qu’à vibrer. Mais comment les aider, quand on ne sait que les jeter sur le papier ? Prisonniers, il se tordent, se déforment et finissent , souvent, par mourir. Libéré d’un esprit clos, le mot se trouve attaché en pleine lumière, mais il n’est rien, s’il ne vole pas d’un esprit à un autre. Et s’il s’échappe, et volette dans un espace confiné, entre des esprits trop proches, il dégénère. Sans débat, ni remise en question, les mots perdent de la couleur et de la force, la consanguinité des mots est une maladie, rarement citée, mais qui détruit une langue. J’ai commencé à semer, doucement, les mots que j’avais enfermés. Il leurs manque l’envole, majestueux et essentiel, qui naît dans le bruit et l’odeur du papier que l’on imprime. 1er semence : http://motsamaux.canalblog.com/">http://motsamaux.canalblog.com/ Envolée libératrice : vous ?

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17 février 2006

Autoportrait

En ce jour, bientôt dix sept ans,
Et si peu de temps à vivre.

L’idée d’une vie qui s’arrête ;
D’un futur de quelques jours ou de quelques heures.
Vers vous qui viendrez plus tard,
Je lance ma haine de mourir,
Mon envie de vivre et d’exister encore.

Si je pars,
J’aimerais rester près de vous,
Par cet écrit,
Par ces simples mots que me dicte mon cœur.

La Drôme, les Préalpes et la garrigue,
Lieux de liberté et de vie,
Là où j’ai vécu et là où je resterai,
Nourrissant cette terre aimée.

Enfant brune aux yeux vert, au regard vivant,
Je sens cette lueur qui s’éteint en mes yeux.
J’aimais la vie, rien ne me faisait peur,
J’aimais par-dessus tout, à défier la mort,
Ecouter le silence, sans trahir par des mots,
Comme le ferait l’aurore levant un jour nouveau.

La vie était mon sang et la peinture mon âme,
Je vivais dans mon temps,
Comme les autres se baladent.

Je meurs une seconde fois,
Une partie de moi-même,
Est morte en un Octobre au côté de mon père.
Cette partie qui restait ne rêvait que de vie,
De la joie de l’amour,
Trahissant tout ennuis.

J’étais ce clown triste, qu’on ne peut bien classé,
Cherchant jours après jours, une vie à jouer.
Qui selon les instants,
Devient un personnage,
Pouvant mieux être aimé de qui l’accompagne.

Riant du désespoir,
Et que son malheur fait sourire,
Comme une grande carapace pour un cœur trop fragile.

Comme on se fait un nom,
J’avais crée ma vie,
Comme s’écrit un roman,
Comme une peinture qui vit.

Il me restait à vivre,
Des passions, un métier,
La vie de la peinture, la joie de rencontrer.

Je rêvais de tout voir,
De connaître des gens,
De me nourrir d’espoirs, de vivre dans le vent.
Tous ces espoirs s’arrêtent en un instant,
Car l’homme est l’animal,
Le plus cruel de tous les temps.

Je vous dis donc «adieux»,
Gardez donc mon sourire,
Cette lueur dans mes yeux qui les faisaient briller.
Vert par temps de colère,
Marron par temps plus calme,
Ils marquaient mon humeur,
Comme on lance un signal.
Ils espéraient tout voir,
Tout graver dans mon âme,
Bientôt ils vont s’éteindre comme on jette les armes.

Enfant de l’avenir, restant dans le présent
Il ne reste que regrets pour n’avoir eu le temps.
Pour ces derniers moments, réfléchissant ma vie,
Je reste en poussière flottant dans l’infini.

J’espère laisser à vous,
Une particule de temps,
Un petit idéal battant contre courant.

Ma vie reste en ces mots,
Pour dire à la Terre,
Plainte de l’adolescent qui a connu la guerre.

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15 février 2006

Épilepsie

« C’est quoi ça ? »
Le ton est souvent intrigué, des fois inquisiteur, c’est une accusation plus qu’une question.
La cause ?
Une plaquette de neuroleptique qui a glissé du sac à main ou de la valise, bien rangée entre une lingette démaquillante et un préservatif.
C’est le « Tu prend quoi là ?», limite agressif, de la première fois où l’on se couche à côté de quelqu’un, lors du rituel des cachtons.
« Il ne faut pas prendre ce genre de saloperie ! », et c’est dit comme une vérité unique, un ordre. En effet, ce serait pas mal de s’en passer, mais c’est impossible.
Et puis il faut bien le lâcher, le mot qui leur fait si peur, « C’est, que je suis un peu... Epileptique », outch, ça fait mal, c’est au choix peur pannique ou « va te faire soigner et revient après », rarement naturel et simple, la réaction face à ce terme.
Sûrement des restes de la peur des Sorciers et des Loups-garous...
Et encore j’ai la chance d’avoir une épilepsie légère et bien stabilisé. C’est peut être ça, en fait qui leur fait le plus peur :
Je travaille, 30 % de temps devant un écran d’ordinateur, 30 % de temps en rendez-vous avec des clients, des prospects et des fournisseurs, 30 % de temps en voiture pour aller voir tous ces gens et les 10 % du temps qui reste avec à la main des cutter, de la colle en bombe et autres objets proscrits pour monter des maquettes.
J’ai deux petites filles adorables, avec les quelles je vie seul, au 3eme étage d’un immeuble ou je ne connais personne vraiment bien, et où tout le monde ignore ce détail de ma vie.
Je sort, j’ai une vie social et sportive bien remplie. Comme toutes les jeunes mamans de 27 ans, en quelque sorte.
Sauf que je sais où sont mes limites, que je sais m’arrêter, que je connais les limites que me donne mon « mal ».
Il n’y a pas l’Epilepsie, chacun a la sienne, toues différentes, avec leurs risques et leurs limites. Lorsque l’on vit avec son épilepsie, on apprend à reconnaître ses signes, on connaît les causes de ses crises, on gère son épilepsie en la vivant, pas en la cachant.
Chacun fait ses choix en fonction de ses possibilités, épilepsie ou pas. Pourquoi est il plus difficile de dire « je suis épileptique » que « je suis asthmatique » ?
Pourtant, il n’y a pas de raison réelle de devoir plus le cacher. Il est impardonnable de devoir choisir entre le rejet et l’ignorance de ces proches.
C’est pourtant le seul moment où l’épilepsie est vraiment dangereuse, lorsqu’on la cache, car pour réussir ce tour de force, on est parfois obligé de déroger à ses principes de vie, pour suivre la troupe il faut oublier de s’écouter.
Et c’est là que ça fait mal, car il n’y a pas pire pour les gens que de découvrir l’épilepsie sur le tas, par une crise, inattendu, forcement.
Bien vivre son épilepsie, c’est aussi savoir dire « je suis épileptique », sans en avoir honte et hélas savoir se défendre s’il le faut.

Posté par Antigones à 14:46 - Billets d'humeur - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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