01 juin 2006
Lettre ouverte
L’ange noir, a repris son manège, menaces violences et intimidation. Peut-être pense-t-il que la haine et la peur peuvent régire la vie. Mais sait-il que le combat, incertain, entre la haine et l’amour, ne se gagne qu’avec des cartes nobles, tel que l’intelligence et le respect ?
Si je le laisse dire, si parfois, je me lasse, je m’énerve, c’est sûrement que je voudrais que l’homme noir, se transforme en père, quelques heurs, pour sa fille. J’avais rêvé de changer le tueur en homme, je n’ai que tué le rêve, transformé un homicide en rêvicide.
Est-ce qu’une fois, parmi tous ces délires, il à pensé à sa fille, à son bien être, à ses rêves.
La seul preuve que j’ai, pour dire que j’ai fait, au moins en partie, ce cheminement, c’est que j’ai essayé, encore une fois, de croire qu’il pouvait être un père.
18 mai 2006
Passager clandestin
Les hommes ont parfois de drôle de question, toi particulièrement, tu dois trop réfléchir. Bien que nos rencontres durent maintenant depuis plus de six mois, tu te demande toujours ce que tu fais là, chez moi, et plus particulièrement dans mon lit. Alors je te réponds en riant : « Tu prends du bon temps, du plaisir, tu es hors cadre. ». J’argumente, je te charrie, te rassure : « Si tu savais vraiment ce que tu fais là, ton couple serait mal barré. ». Tu veux savoir ce que tu es pour moi, car je t’ai dis en humour que n’ayant aucun droit sur toi, tu ne serais jamais un officiel, je me suis lancée : « Tu es un passager. » et puis j’ai réfléchi : « Un passager clandestin, plus précisément. ». Tu as besoin de définir, de classifier, comme le reste de ta vie bien rangée, tu as besoin d’un cadre, je t’en ai donc crée un : la parenthèse, tu arrive on l’ouvre, tu repart on la referme comme si de rien était, comme si ce moment n’avait pas existé. Une autre vie en marge de ton existance plannifiée.
23 avril 2006
Bonne-Maman
Bonne Maman est partie, pour une dernière et longue promenade, dans nos esprits et dans nos rêves, tout au creux de nos cœurs.
Elle a retrouvé le pas vif et léger qui la caractérise. Elle est de nouveau en quête d’une borie oubliée et d’un buisson de mûres pour régaler toute la famille. Elle observe les orchidées merveilleuses que sa générosité et sa douceur ont plantées.
Si l’un de nous tombe un jour dans un grand carré d’ortie, c’est sûrement parce que la main leste de Bonne Maman lui conseille de se faire une soupe de ces plantes aux vertus magiques.
Lors de nos randonnées, nous ne nous perdrons plus, nous trouverons toujours un abri en cas d’averse. Les baies, les champignons et les fleurs seront nombreux sur notre route. Il nous suffira de chercher les signes que notre guide nous laisse, car nous savons maintenant que, quel que soit l’endroit où nous guide nos pas, Bonne Maman sera toujours près de nous lors de nos promenades.
Les gâteaux aux noix ont retrouvé les biscuits du commerce, les douces querelles ont repris, comme au temps de notre enfance. Bonne Maman a rejoint Grand Père et, ensemble, ils veillent à nouveau sur le clan. Ils ont sûrement retrouvé une maison de pierres dorées, asses grande pour accueillir tous nos rêves et nos espoirs. Comme ils ont si bien protégé nos rires d’enfants, ils vont maintenant recueillir et encourager nos ambitions et nos désirs.
13 avril 2006
Mort
Je ne voudrais pas m’immiscer dans une discussion, qui semble réservé à la génération de mes pères, mais vos différentes théories trouves des résonances en moi.
Je n’ai pas de croyance en une chose plus forte que la paix et la tolérance. J’essai de croire, encore, à l’homme, et c’est pour moi, déjà, une croyance qui n’est pas si facile que je le voudrais. Le doute est ma nature.
La seule raison de notre angoisse de la mort, est qu’elle nous sépare de personne à la quel nous sommes très attachés, et que nous savons uniques. La mort est dure, pour celui qui reste. Celui qui s’en va le fait bien souvent de façon bien plus sereine que nous le souhaitons, ça fait mal, de voir un être que l’on aime partire définitivement avec le sourire.
Je pense que dans le cas de Bonne Maman la séparation s’est faite après une vie bien remplie, et que son inquiétude, n’était pas la mort, mais l’avenir de ceux qui n’ont pas fini leurs rôles. Certains quittent la scène, mais le rideau ne tombe pas pour autant. Là est une grande partie de notre souffrance, mais aussi un défi, continuer sans eux.
Je ne cherche pas à savoir ce que « l’âme» de Bonne Maman, de Grand-père ou de Papa sont devenus, je cherche juste à être fidèle aux rêves qu’ils m’ont confiés, un monde de partage, de paix et de tolérance. Un monde où lorsque l’on trouve sa place, on peut aider, à sa mesure, à changer les choses, à rendre l’humanité plus belle.
La mort ne m’attriste pas, l’absence me ronge. Je n’ai pas peur de mourir, je voudrais juste avoir le temps de posé ma pierre, là où elle sera utile, pour que mes filles, et les générations avenir, puissent continuer à construire une société « humaine». Je pense que Bonne Maman est partie sereine, car elle avait accompli cette tâche qui était la sienne, nous guider vers nos vies.
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Vois-tu, je ne crois pas que la construction, lente et laborieuse, d’un monde meilleur ne soit qu’un rêve. C’est pour moi les valeurs de toute une vie, le bute ultime à léguer aux générations avenirs.
Je n’ai peut-être pas l’âge de voir venir ma mort, mais il y à bien longtemps que la mort de mon père fait partie de mon quotidien. Je persiste donc, ce qu’il à put devenir m’indiffère, ce qui m’intéresse, égoïstement, certes, c’est son absence. Quelle différence, en fait, pour moi, qu’il soit dans un « paradis» ou qu’il soit dans l’urne de La Roche ?
Comme tu le dis, on ne peut savoir ce qu’il y a après le mort, de façon exacte. Il me semble alors que chercher la réponse à cette question tient plus du rêve que le fait de vouloir concrétiser les rêves de ceux que l’on a aimés.
Quant à savoir si l’amour est éternel, est-ce vraiment important lorsque les deux protagonistes ne sont plus ? Je garde au fond du cœur l’amour de tous ceux qui ne sont plus à mes côtés, comme je garde leurs valeurs au creux de mon esprit. J’essai d’être digne d’eux, en menant à bien ma vie, du mieux que je peux. Je ne les oublie pas, je continue à les aimer, et pour moi la seule façon de prolonger cet amour après moi est de l’écrire.
L’éternité ne m’attire pas, il est suffisamment difficile de mener à bien une vie.
Extrait d'une conversation familliale, et amicale...
02 avril 2006
Lettre à Pierre Daix
Je vous ai écouté, re-écouté même ce soir, grâce à internet, dans Charivari, et je vous remercie, de cette voie chargée de vie, de ces mots que vous mettez sur mes questions, si longtemps posées dans le vide, pour ne pas déranger, par ce que l'on ne réouvre pas une vieille blessure. Surtout, par ce que mon père, répondait à sa petite fille, peut-être un peu trop jeune, sûrement un peu trop fragile, par des paraphrases, par ces mots simples qui revenaient toujours à la même idée, «Je n'ai fait que ce que tout le monde aurait fait, tu aurais fait de même, je l'espère, ma petite fille».
Il est vrai que je n'avais que quatorze ans, lors de son décès, et qu'il n'était sûrement pas évident d'expliquer l'inexplicable à une enfant. Je ne cherchais pourtant pas l'histoire, je cherchais ce qui avait fait de mon père cet homme, inexplicable, croyant encore et toujours en l'homme, alors que parfois, du fond de mon enfance je cessais d'y croire.
J'ai toujours su, la résistance, la déportation à Mauthausen, et quelques anecdotes, un vélo vendu trop vite, un ami parti trop tôt... Mais cela n'était qu'évoqué. Les amis, l'arac, l'onac, la fndirp, les ancien déportés, les dépôts de gerbes, les monuments aux morts et la sonnerie des trompettes, cela me semblait être la vie de tous, tout comme les Bloeuets collés sur les vestes et les rubans rouges aux boutonnières. Je n'ai découvert qu'à la mort de mon père les médailles et les pensions, les «honneurs». Sans qu'on me le cache, je n'en savais rien. Cela n'avait au yeux de mon père aucune importance.
Bien sûr, nous sommes allées, avec ma mère et ma soeur, à Mauthausen, c'était trois ans après la mort de mon père. Je n'ai presque que le souvenir d'une nausée, pas celle qui vient de ce que l'on sait, de ce que l'on imagine, au contraire, celle qui vient de tout ce que l'on ignore, qui est cachée au creux des murs, invisible et étouffante. Je n'ai pas pu approcher une porte, dans la cour, dans la carrière, le vide et la vie m'oppressaient. Il me semblait que ce que je cherchais avait été soigneusement caché. Cette visite ne m'a apporté aucune réponse, peut-être a-t-elle apporté encore plus de questions.
Il me semble que mon père avait de l'estime pour votre façon de parler de Mauthausen et de la résistance, je lirai donc votre livre. Il ne m'apportera sûrement pas toutes les réponses, mais j'ai le sentiment qu'il me donnera des clefs pour mieux comprendre mon père. Je vous remercie donc pour avoir levé un coin du voile.
04 mars 2006
Relation
Drôle de relation, depuis cinq ans que je vous connais, que je suie vos maux, souvent à contre temps, pour avoir pris du retard.
C’est l’empire du milieu qui a ouvert la voie, avec l’aide d’un tango et d’un volume des fleurs du mal. Aujourd’hui trois cent quatre vingt neuf titres, plus de vingt sept heurs de musique tournent sans arrêt, pour me raconter le monde tel que vous le voyez, tel que vous l’avez vu, de mille neuf cent soixante sept à aujourd’hui.
Quel découverte, d’entendre des mots que l’on comprend, que l’on devine, sans avoir les mêmes références. Existe-il des cœurs qui restent de marbre devant ce Petit ? Suis-je la seul à avoir l’impression d’avoir vécu cet Octobre à New York ? Les poètes ont-il changé depuis mille neuf cent soixante douze ? Concerné, je me sens concernée, pas fan, simplement le sentiment que vos mots trouvent en moi une résonance. Quels que soient les thèmes, sérieux ou libertins, que vous parliez de l’Amour ou de la Mort. « Bat toi » scandiez-vous en échos à ce que m’avais toujours dit mon père, je devrais vous remercier de m’avoir si souvent ramassée, plus bat que terre, de m’avoir aider à repartir. Combien de fois suis-je allée chercher la force dans vos maux, lorsque les miens me semblaient trop lourds et que je ne croyais pas pouvoir me relever. Pourquoi certaines chanson me servent-elle d’électrochoc ? Pourquoi le Clan Mongol m’a-t-il permit de chasser un homme en noir ?
Une relation incertaine, Betty, je pense à vous, même si nos mondes sont si éloignés. Moi et ma bonne étoile, mes deux anges et ma bonne humeur enfantine. Vous et vos barreaux, la grisaille de votre vie et vos erreurs, payés d’avances. Impression de vous connaître, mirage croisé au détour d’une vie.
Même si vos coups de gueule sont devenus des plaidoyers plus calmes, plus posés, il me semble trouvé dans bien de titres une réponse à une question, où plutôt, un exemple, le début d’une réponse dont il faut chercher la suite sois-même. Un jeu de piste en quelque sorte.
Sauriez-vous me dire pourquoi les Barbares trouvent un écho en moi, qui suis né à la campagne, et dans une famille ou « l’enfance » était un devoir que l’on se faisait un plaisir de respecter ? Moi qui ai eu pour horizon la garrigue et à qui l’on racontait les beautés de l’humanité ?
Il y a enfin cette étrange peur que l’homme ne sois pas à la hauteur de ses mots.Lorsque je vous ai croisé, je n’ai pue dépasser cette ligne, qui transforme l’artiste en homme. Même les brunes à la peau blanche ont parfois des peurs, des doutes. Et si tout cela n’était qu’une façade, serai-je prête à perdre la seul source de vie que je connaisse ?
